Ses applications pour les musiciens


La méthode au service des musiciens

« Pour chacun d’entre nous, et pas seulement les acteurs, notre corps doit supporter de nombreuses tensions et contraintes imposées par la vie. La technique Alexander m’a procuré une méthode d’aide autonome en m’apprenant  à me décontracter et à ajuster la manière de me tenir de sorte que mon corps, qui pour un acteur est un instrument de travail, puisse fonctionner aussi bien que possible »

Jeremy Irons, acteur


Véronique Bartin intervient auprès de la maîtrise de Radio France, du Conservatoire d'Orléans, du CNFPT de région Centre et d'Ile de France. Elle a développé une approche centrée sur les réponses aux difficultés rencontrées par les chanteurs et les musiciens.

Les différents problèmes auxquels se heurtent les musiciens sont dus :

  • à l’instrument : asymétrie de la position, pression à employer, poids de l'instrument, complexité des mouvements, souffle le cas échéant.
  • à la musique et à la performance artistique : rapidité d’exécution, volume sonore, expressivité, difficultés techniques, temps-disponibilité pour le travail.
  • à la personne elle-même : sa morphologie, sa condition physique, son utilisation.

Face à ces difficultés, le musicien développe, au cours de son apprentissage, des tensions qu’il va peu à peu intégrer comme "naturelles", inhérentes à la pratique instrumentale.
Toute mauvaise utilisation de soi s’accompagne de sensations internes trompeuses.

Nous nous fions à nos sensations dans nos mouvements quotidiens et dans l’apprentissage d’une discipline ou d’un art.
Par exemple : une personne qui a habituellement les pieds en dedans a l’impression de marcher "en canard" quand ceux-ci retrouvent leur axe juste.

Continuer à nous guider dans nos activités avec des sensations fausses entretient et aggrave notre mauvaise utilisation. De ce fait, nos capacités et notre propension sont entravées et bien souvent, le travail quotidien assidu comme c’est le cas pour tout professionnel aggrave le problème.

Le travail se fait alors en partie contre soi-même, d’où une grande perte d’énergie et de potentiel de réussite.

Chez les musiciens et les chanteurs, les défauts d’utilisation les plus couramment observés
sont :

  • La contraction des épaules qui montent et qui avancent ; l’instrument est maintenu en le serrant.
  • Les raideurs dans les jambes dues au blocage des genoux et des hanches.
  • La respiration bloquée ou audible.
  • Le mauvais positionnement par rapport à l’instrument ; la cage thoracique est déportée ou affaissée.
  • L'excès de force de pression dans le jeu avec, en proportion, peu de résultats sonores.
  • Le visage tendu, crispé.
  • Le tonus général mal distribué.

Avec le temps, ces tensions répétées chaque jour provoquent des conséquences :

  • sur les conditions physiques telles que des maux de dos, migraines, fatigue, stress, tendinites, inflammations, luxations, douleurs musculaires et articulaires
  • Egalement sur le jeu, entravant le potentiel de réussite :
    - son petit, serré, sans brillance

    - rythme instable

    - coups d’archet manquant de mordant

    - écoute partielle

    - manque de concentration

Les difficultés techniques sont souvent des problèmes d’utilisation non détectés.

Par exemple, Nadège, élève pianiste, ne parvenait pas à jouer un morceau difficile malgré ses efforts répétés. Après l’avoir écoutée et observée, le professeur Alexander lui a fait constater et stopper les tensions importantes qu’elle exerçait au niveau des épaules, ce qui limitait l’étendue du bras et la fluidité du mouvement.

En se concentrant sur l’élimination des tensions, elle enchaîna le passage difficile intégralement, à sa grande surprise.

Face à ces états, chacun réplique avec ses moyens propres :

  • il  y a ceux qui jouent intuitivement, "au feeling"; rejetant toute analyse, ils puisent dans leur force, émotion et expression, le corps se pliant à leur désir avec les tensions épuisantes que cela implique.
  • D’autres intègrent la souffrance comme inhérente à la pratique musicale et s’acharnent au travail, sans écoute d’eux-mêmes : tendinites et inflammations en sont les produits.
  • D’autres enfin cherchent une approche plus harmonieuse à travers des pratiques de relaxation . Mais détente et travail s’alternent sans qu’ils trouvent les moyens qui leur permettent d’expérimenter une vraie écoute dynamique en jouant.

C’est précisément ce que procure la technique Alexander

Par des indications verbales et un accompagnement subtil, le professeur Alexander amène la personne :

  • à défaire et lâcher les tensions, libérant ainsi l’énergie bloquée
    Par exemple, Jean-Pierre,élève violoniste, découvre au cours des leçons qu’il se crée des tensions importantes au niveau des jambes en jouant. En redonnant aux genoux leur mobilité, le flot d’énergie se libère, tout comme le jeu, et le son redevient plus plein.
  • à stimuler les zones de faiblesse en renforçant le tonus et le dynamisme.
    Par exemple : Andréa avait des difficultés avec les sautillés. En lui faisant changer sa manière de respirer et en améliorant la tonicité du buste, son bras a pu bénéficier d’un meilleur soutien nécessaire à un sautillé tonique, souple, fluide et léger.

Le travail se fait :

  • sans l’instrument d’abord, à travers des gestes simples et quotidiens comme marcher, s’asseoir, se lever pour améliorer son usage de soi en général et l’intégrer au quotidien.
  • avec l’instrument ensuite.

Par son toucher, le professeur Alexander va faire expérimenter à l’élève une autre façon de bouger avec plus de détente, de fluidité, d’aisance et d’efficacité dans le jeu.